‘Seeing things in black and white again’

Voilà je suis de retour à Leicester.

Étrange sentiment que de retourner dans un endroit ou vous avez vécu pendant plu d’un an. Vous êtes un touriste puisque vous n’y vivez plus, et en même temps vous connaissez ces rues, ces magasins, ces bâtiments, ces signes par cœur. Tout vous est familier, même certains visages (en même temps Leicester n’est pas si grand) et pourtant vous vous sentez un peu étranger.

Passé les quelques heures d’extase à me dire « hiiiii youpi youhou je suis de retour, qu’est ce que j’aime cette ville! » le reveil a ete quelque peu plus brutal le lendemain. Seule dans l’appart ou je « campe » chez deux amies, sans chauffage et sans eau chaude (quand il fait 9 degrés dehors, je vous assure que c’est l’horreur de nuit comme de jour!), avec un bordel pas possible (des trucs qui trainent partout) et surtout, une propreté plus que douteuse (des cheveux dans la baignoire, des taches d’alcool du mur au plafond) (ok c’est de la moquette mais bon) ça n’aide pas à se sentir « chez soi ».

Je me suis quand même posée la question : « mais qu’est ce que je fous là? » mais la vraie réalisation n’est venue que plus tard, quand j’étais en ville pour aller faire 2/3 courses. Je passe devant le magasin de jouets où l’on avaient été tous les deux pour qu’il puisse acheter un cadeau d’anniversaire à son neveu. C’était le moment où nous étions ‘plus ensemble mais en fait si’. J’ai l’impression de me revoir, à attendre comme une conne dans ce magasin pendant 30min, à avoir envie de prendre mes jambes à mon cou mais de rester quand même. Et là un flots de souvenirs me submerge. Ma chambre, mes paquets de céréales et de yaourts, les toilettes, la faim, lui et toutes ces autres filles, plus belles, plus minces, moi encore, à sortir et boire pour tout oublier, à aller dans tout les supermarchés pour calculer les calories sur les produits et ressortir les mains vides, toutes ces nuits et ces journées à ne plus sortir de chez moi. J’ai la tête qui tourne et une énorme envie de pleurer. Je me précipite dans les toilettes du grand centre commercial et j’éclate en sanglots. Comme dans les films quand l’héroïne est perdue et à la dérive. Mais là on est pas dans un film. Là on est dans la vraie vie. Ma vie. Et je ne peux pas aller directement à la fin pour savoir si tout ce termine bien. Toutes ces pensées que j’ai essayé tant bien que mal de soustraire de mon esprit sont maintenant bien présentes. Qu’est-ce que je vais faire, je ne sais plus ce que je veux, où je veux vivre, il faut absolument que j’ai un job, je ne peux pas retourner en France, tout le monde va me juger, je ne peux pas faire ca a mes parents, mais où aller, avec quel argent, il faut absolument que je trouve un job, je n’en peux plus, je ne contrôle plus rien, je suis grosse, énorme, il faut que je maigrisse. Voilà. Ça c’est moi.Une bombe à retardement. Il a suffit d’un souvenir lointain pour tout faire sauter.

Ghost and creatures – Telekinesis

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