It’s my party and I’ll cry to the end

(Écrit sur un bout de papier quand j’étais dans le train en Angleterre. Des pensées hétéroclites et pas très claires mais j’aime bien les transposer ici, et laisser un souvenir, une trace tangible de ce que j’ai pu ressentir et vivre à un moment précis).

C’est étonnant je trouve. C’est étonnant de voyager. Quand on s’installe quelque part on trouve ses quartiers. C’est étonnant, comme, dès que l’on séjourne un peu, des habitudes , voire même un début de routine, s’installent. Différemment de chez soi, sans doute, mais peut-être pas tant que ça. J’ai mes petites habitudes maintenant à Leicester. Y avoir vécu pendant un an ça aide. Je vais voir de jeunes groupes improviser des concerts au Crumblin’ Cookie et The Cookie Jar le mardi soir. Je vais manger des pizzas au Criterion parce que ce sont les meilleures de la ville. Je « pre-drink » avec mes amis, des fois on va à Oadby parce que il y a des grand parcs et si on met de la musique ou que l’on fume un peu beaucoup ça ne dérangera personne. On prend le taxi jusqu’à Firebug. Et on y reste jusqu’à l’heure de la fermeture même si on avait juré de partir à 2h. Ensuite on va à Mosh pour danser sur la meilleure musique indie du moment. Et puis on finit nos nuits au Basement. Je rentre à pied, seule, parce que j’aime bien ça, parce que après l’excitation de la nuit j’aime me retrouver avec mes pensées. Et puis hop, rebelote, tout recommence le lendemain.

Oui c’est étonnant comme on peut s’approprier une ville, s’approprier une nouvelle vie. Parce que dans un voyage au final, c’est comme dans la vie (mais la vie n’est-elle pas un voyage ?), il faut se laisser aller à la chance, s’abandonner, pour que les rencontres de personnes, de lieux, de moments arrivent et que le monde s’entrouvre.

C’est peut-être pour ça que j’aime autant voyager dans des trains, voir les paysages défiler et m’émerveiller de la chance que j’ai de pouvoir être là, dans un autre pays, spectatrice et en même temps actrice de ce monde, de cette vie qui s’offre à moi.

Parce que tout ces paysages que je vois là, par la fenêtre, c’est tellement beau, tellement immense, tellement grandiose, tellement … non, il n’y a pas de mots pour le dire. Pas de mots pour exprimer ces sensations de liberté, d’exaltation, d’humilité mêlées, que je ressent en ce moment même ….

Pas de mots. Et comme le dit un proverbe arabe : ‘ si ce que tu as a dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi ».

 

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Je sais que je vais devoir partir. Je n’ai pas le choix, je n’ai pas d’argent, sinon bien sur que je resterai, j’irai dans une auberge de jeunesse ou louer un appart tout pourri, je ne suis plus à ça près. Je ne peux pas et ça me déchire le cœur. Le temps des séparations est arrivé. Il en est ainsi des rencontres de voyage. C’est étrange… On passe un bout de vie ensemble, jour et nuit, on rit, on se dispute, on se livre, et après on se quitte, sans doute à jamais. Cela m’est arrivé tellement souvent, je devrai avoir l’habitude, mais c’est toujours un peu dur quand même.

Je sais que je ne vais pas dire au revoir de toute façon, Pas cette fois-ci.  Je n’aime pas ça. Je préfère rester sur les souvenirs des libations de la veille plutôt que sur celui, toujours empreint d’un sentiment de tristesse légèrement teinté d’inquiétude, de la séparation.

Et puis dire au revoir, c’est ‘avouer’ que oui, j’ai échoué, que je dois rentrer en France, que je n’ai aucune idée de ce qui va m’arriver, et la peur qui me tient au ventre, je préfère la cacher et faire semblant d’être forte. Je sais très bien faire ça, faire semblant. Après, on verra bien.

While I’m alive – STRFKR

Nitrous – Nick Mulvey

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